Au Moyen Âge, Villerest connaît une certaine vitalité, peut‑être liée à une école de clercs aujourd’hui mal connue. La ville perd ensuite de son importance. Au XVIᵉ siècle, durant les guerres de Religion, Villerest est prise et reprise par les troupes ennemies. En 1594, Antoine d’Urfé, évêque de Saint‑Flour, est tué d’une arquebusade, non pas depuis les remparts mais par un soldat de son propre camp, au pied de la ville.
Vigne et papier
Dans les siècles suivants, tout en conservant une partie de ses remparts, la bourgade se transformera progressivement en un village rural dont la vigne, culture essentielle depuis le Moyen-âge – Les « Moines Blancs », moines cisterciens de la Bénisson-Dieu y avaient même un cellier – , produit des vins parmi les plus réputés du Roannais, notamment à Hervest et au Perron. En 1890, alors que le phylloxéra frappe depuis quelques années le vignoble roannais, c’est encore près de 230 ha de vignes qui y sont cultivées.
Le XIXe voit aussi l’installation à Villerest, non loin du Saut du Perron, d’une grande papeterie utilisant les techniques modernes de l’époque. Le nom du promoteur, Montgolfier, est prestigieux. Certes il ne s’agit pas des « frères Montgolfier », les fameux aérostiers, comme on l’affirme trop souvent, mais d’Achille de Montgolfier l’un de leurs petits-neveux originaire de Beaujeu. L’énormité de l’investissement de 1834 (il a fallu creuser dans le roc un véritable canal parallèle à la Loire pour amener l’eau à la papeterie) sera sans doute fatale à la première société et c’est une autre dynastie papetière, celle des Rabourdin qui, à partir de 1842, fera prospérer cette affaire. Elle comptera jusqu’à 150 ouvriers dans les années 1860.
En se spécialisant dans la fabrication des confettis et serpentins elle perdurera pendant une bonne partie du XXè, jusqu’au moment où la construction du barrage de Villerest entraînera sa destruction et sa submersion.
Célébrités
Dès le XVIIIè siècle, le vignoble et la beauté des sites du village, dominant les sauvages gorges de la Loire, font de Villerest un lieu convoité par la bourgeoisie roannaise qui y acquiert domaines ruraux et résidences secondaires.
Au XIXe, une famille de peintres y élira domicile. Louis Noirot, d’abord lithographe commença à peindre des paysages et tout particulièrement les gorges de la Loire entre Villerest et Saint-Maurice. Son fils Emile, plus célèbre, est aussi inspiré par le village auquel il consacra plusieurs toiles et également par les gorges de la Loire.
A la même époque, une autre famille qui deviendra célèbre s’installe également à Villerest pour y passer les vacances d’été, celle du professeur Alexandre Lacassagne, qui fonde à Lyon la médecine légale scientifique. Un de ses fils, Antoine, né à Villerest en 1884, sera un des plus célèbre cancérologue de son époque. Compagnon de Marie Curie, il dirigera l’Institut du radium à Paris et sera un des pionniers de la radiothérapie. Professeur au collège de France, membre de l’Académie de médecine et de l’Académie des sciences, il venait se ressourcer chaque été dans son village natal.
Une "ville à la campagne"
C’est, avec plus de 5 000 habitants, ce qu’est devenue notre commune. Elle doit indéniablement ce statut à la qualité remarquable de ses paysages et à la proximité de Roanne.
Dès la fin du XIXe, la ville de Roanne, en forte croissance industrielle, lance ses tentacules vers les espaces ruraux périphériques et dès juillet 1872 un décret entraîne l’annexion de plus de 60 ha de la commune de Villerest par celle de Roanne. Un continuum urbain se dessine le long de la route de Clermont, on parle alors de « Villerest Ville ».
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale et surtout dans les années 1970, le développement des classes moyennes et un engouement pour la maison individuelle font de Villerest un des lieux très attractif au sein de l’agglomération roannaise. Une marée pavillonnaire monte à l’assaut des vieilles murailles de porphyre rose.
